Culture celte

Les CELTES

 

Les ORIGINES:

Des études sérieuses montrent que le dialecte celte des Indo-Européens, langue mère de toutes les langues celtiques, est né environ 2000 ans avant J-C.
 

Les PEUPLES:

En Europe de l’Ouest, les premières tribus celtes fondatrices sont apparues près des sources du Danube, du Rhin et du Rhône : soit dans la Suisse actuelle et le Sud-ouest de l’Allemagne.

C’est dans ce périmètre que les celtes ont développé leur culture originale. Les Archéologues datent ce qu’ils appellent la culture Hallstatt entre 1200 et 475 avant J-C : Beaucoup de témoignages archéologiques ont été trouvé sur les berges du lac Hallstatt en Autriche. 

La découverte du fer et de l’art de le forger, environ 1000 ans avant J-C, ont donné aux celtes une certaine supériorité sur leurs voisins. Les forgerons celtes ont joué un rôle si prépondérant dans la société que les artisans firent partie des notables. Avec leurs armes et leurs outils en acier (lances, épées, boucliers, haches, scies, marteaux, etc.), les celtes ont pu s’établir dans les forêts du nord de l’Europe, jusque –là demeurées impénétrables.

Certaines tribus celtes avaient déjà traversé les Alpes et s’étaient installées dans la vallée du Pô dès le VII° siècle avant J-C. Elles ont  combattu l’Empire Etrusque et l’ont repoussé au sud des Apennins. Vers 400 avant J-C, les Sennons traversèrent les Apennins afin de s’établir mais rencontrèrent une vive résistance de la part des Etrusques et des Romains. Les Sennons battirent les armées romaines à la bataille d’Allia et occupèrent Rome pendant sept mois, jusqu’à ce que le sénat leur paye une rançon afin qu’ils s’en aillent.

Les celtes ont été évoqués pour la première fois, dans l’Histoire, dans les écrits des historiens et des voyageurs grecs du VI° siècle avant J-C. Hérodote parle d’un marchand grec (Colaeos de Samos) qui a mis pied à terre à l’embouchure du Guadalquivir, juste au nord de Cadix (Espagne) en 630 avant J-C : Il y trouva des celtes qui étaient installés de longue date et exploitaient des mines d’argent. C’est la première relation historique d’une rencontre Gréco-Celte, et qui déboucha sur une intense coopération commerciale.

Les celtes ont connu leur plus grande expansion au III° siècle avant J-C. Leur territoire s’étendait de l’Irlande à la Galatie (Turquie), et du nord de la Belgique à la péninsule Ibérique. 
 

La LANGUE:

Il est intéressant de noter que, déjà, à cette époque, il y avait plusieurs dialectes celtes. Le fait que les celtes aient été repoussés (et séparés)  par les Slaves et les Germaniques a engendré deux familles linguistiques bien distinctes : le Gaélique (Q-Celtic) en Irlande, Ecosse, île de Man et le Brittonique (P-Celtic) en Bretagne, Cornouaille Anglaise et Pays de Galles.

Le témoignage le plus ancien de la langue celtique date du VI° siècle avant J-C, et plus de 200 écrits sont datés entre le IV°et III° siècle avant J-C. Mais les premières transcriptions des textes mythologiques, qui datent de l’époque chrétienne, ont été retrouvées principalement en Irlande et au Pays de Galles.
 

La LITTERATURE:

L’Irlandais est rapidement devenu la troisième langue littéraire de l’Europe (après le Grec et le Latin) et la littérature Irlandaise la première d’Europe en langue vernaculaire.
C’est dans les textes traditionnels irlandais que nous retrouvons les sagas et légendes les plus anciennes d’Europe. Si ces textes ont été écrits au VII° siècle, nous ne savons pas depuis quand ils ont été préservés dans la tradition orale.

La mythologie celtique, ses légendes et la survivance orale constituent un des joyaux de la culture européenne. Ces thèmes n’ont rien à envier à ceux de la mythologie grecque ou romaine, et nous éclairent sur les origines profondes de la civilisation celtique.

Si le vieil Irlandais a longtemps été la langue littéraire à travers le monde celtique, son influence s’est estompée à l’époque médiévale. A cette époque le parler écossais et celui de l’île de Man ont commencé à diverger. Les mythes et les légendes ont fait de même : Les bardes qui se déplaçaient librement d’un pays à l’autre ont adapté leurs textes aux langages, aux contrées et aux mentalités de leurs auditoires. 

Une littérature spécifique de l’île de Man a commencé à émerger seulement au XVII° siècle.

En Ecosse, c’est dès le XVI° siècle que l’émergence de nouveaux textes (non issus de la littérature irlandaise) a eu lieu.

Une littérature Galloise spécifique a pris corps des le V° siècle. C’est au Pays de Galles que sont apparus les premiers textes de ce qui sera appelé «  la matière de Bretagne ». La littérature galloise est aussi prolifique (mais moins ancienne) que la littérature irlandaise. On y retrouve les textes qui constituent « Le Mabinogi ».

Bien que la Cornouaille ait produit des écrits depuis le X° siècle, peu de choses ont survécu, sinon oralement par les bardes. Ces derniers se déplaçaient continuellement  de Cornouaille en Bretagne et au Pays de Galles pendant la dynastie des Tudor, ce qui explique les traits communs relevés.

Le plus vieux texte retrouvé en breton date de 1490 (dialogue d’Arthur, roi des bretons). Ce texte est une création originale et non une copie des sagas galloises. 

ARTHUR:

Arthur est un personnage historique du VI° siècle, luttant pour l’indépendance de son peuple contre l’expansion des Anglo-saxons.
Le premier texte qui parle de lui est un poème (Y Gododdin), datant du VI° siècle, écrit en Ecossais (n’en déplaise aux Gallois).
Nennius (chroniqueur Gallois du IX° siècle)  dépeint Arthur comme un chef de guerre (et non un roi) qui se bat pour les rois celtes.
Les Annales de Cambrie ( compilées en 955) mentionnent elles aussi Arthur, parlent d’une victoire à Badon et de sa mort à Camlann.
C’est Geoffrey de Monmouth (1000 – 1155) qui commence à  propager le mythe d’Arthur. Puis le mythe s’est propagé au continent par les poètes normands et Chrétien de Troyes.

 

La RELIGION:

Pour les celtes la mort ne gagne jamais, et il faut noter que les anciens celtes ont été les premiers à évoquer la doctrine de l’immortalité de l’âme et sa réincarnation.

Les celtes pensaient que la mort est seulement un changement d’état et que la vie continue dans « l’autre monde ». Quand une âme meurt dans ce monde elle renaît dans « l’autre monde », et quand une âme meurt dans « l’autre monde », elle se réincarne dans ce monde. Ceci explique pourquoi une naissance était accueillie avec des pleurs et un décès avec des cris de joie.

Il est important de savoir que pour les anciens celtes l’âme siégeait dans la tête : D’où la coutume celte de la décapitation, jugée barbare par les romains, mais honorifique pour les celtes qui rendaient ainsi hommage à ceux qu’ils respectaient.  Les têtes décapitées étaient embaumées et enterrées en signe de respect. 
Ceci explique aussi le nombre de décapitations que l’on retrouve dans les vies de saints bretons. Faits qui surprennent les auditeurs ou lecteurs non initiés.

 

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Date de dernière mise à jour : 13/04/2020